Quels sentiments génère Benoît Hamon sur Internet

Le vainqueur de la Belle alliance populaire a fortement profité de l'impact médiatique de la primaire pour augmenter son audience. Ses propositions provoquent des réactions tranchées de la part des internautes. 

 

Pourquoi les sentiments ?

Ce qui se dit sur Internet… Les réseaux sociaux, les forums et les sites web constituent une source inestimable de commentaires citoyens. 

En partenariat avec Synthesio, spécialiste de la veille sur les réseaux sociaux, ComPol lance la «Veille Sentiments», observation de l'écho web généré par les représentants politiques, en particulier, les candidats à l'élection présidentielle, et surtout les «sentiments» qu'ils génèrent. 

Alors que les outils existants se concentrent généralement sur le simple volume de commentaires concernant chaque candidat relevé sur Internet, l'alliance de la technologie avancée développée par Synthesio et l'expertise de notre rédaction nous permet de fournir des analyses plus approfondies, basées donc sur la notion de sentiment.

Nous utilisons des techniques de veille qualitative à grande échelle et analysons la perception des candidats par les internautes. 

Les représentants politiques peuvent ainsi être appréciés sur différentes thématiques, afin d'identifier la portée et l’impact des déclarations et si les internautes réagissent positivement ou négativement à leur positionnement sur le sujet. Cette évaluation du sentiment permet, quasiment en temps réel, d'évaluer si les thématiques campagnes choisies suscitent l'adhésion. Et donc, le cas échéant, de repenser sa stratégie de communication.

 

 

La présence : l'accélérateur de la primaire

L'écho web de Benoît Hamon a connu une trajectoire très tranchée. Longtemps faibles (moins de 20 000 mentions par mois entre septembre et novembre), ses mentions ont connu une augmentation importante en décembre, à l'approche de la campagne de la primaire de la Belle alliance populaire, qui leur a permis de quasiment tripler. Avant d'exploser en janvier, lorsque la campagne battait son plein (multiplié par onze, pour atteindre 635 290 mentions). Un effet dû à la forte exposition médiatique dont a bénéficié la primaire, ce qui était attendu.

Ce qui l'est un peu moins, c'est que les quinze premiers jours de janvier ont confirmé que le candidat avait atteint un nouveau palier et ne donne pas de signes d'essoufflement. Avec près de 23 000 mentions par jour, Benoît Hamon fait mieux qu'en janvier, en pleine campagne des primaires de la Belle alliance populaire. Depuis un mois, il capte ainsi 13,21% des mentions de candidats, loin derrière François Fillon, en plein Penelopegate (54,55%), et à distance d'Emmanuel Macron (18,55%), mais devant Marine Le Pen (10,61%) et Jean-Luc Mélenchon (2,26%). 

A noter que le candidat socialiste est avant tout mentionné sur Twitter (86,35% des mentions), mais qu'il fonctionne bien sur Facebook (7,17%). Les forums de discussion l'ont également cité régulièrement (12181 fois depuis septembre), et notamment le forum Boursorama, où son nom a été mentionné 3644 fois, avec un sentiment positif à 11,8% et négatif à 34%.
 

Les sentiments : un candidat qui divise

Synthesio classe les mentions des candidats en trois catégories : positive, négative et neutre. De façon générale, les mentions des politiques sont majoritairement neutres, puis négatives, et enfin, plus rarement, positives. Benoît Hamon, est, parmi les cinq principaux candidats à l'heure actuelle (avec François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron) celui qui laisse le moins indifférent, avec 37% de mentions démontrant un sentiment positif ou négatif, juste derrière François Fillon (38%).

Il est le candidat qui récolte le moins de mentions positives (7,24%) et le plus de mentions négatives (30,84%). Signe d'un programme et d'une image clivantes, qui poussent les internautes à se positionner plus clairement pour ou contre sa candidature.

Comme pour Jean-Luc Mélenchon, les médias sociaux reflètent cette tendance, avec des chiffres proches (29,492% de mentions négatives, 7,49% de mentions positives) alors que la tendance négative est forement accentuée dans les médias traditionnels (presse écrite, radio, TV), les mentions sont négatives à 83,13%, pour seulement 3,6% de mentions positives.. 

 

Les thématiques : le futur, un message qui porte

Le thème du revenu universel est l'axe majeur du programme de Benoît Hamon, et l'un des plus commentés. Paradoxalement, c'est un des thèmes qui génère assez peu de sentiment positif (6%), et produit relativement peu de sentiment négatif (38%).

Testé par ComPol grâce aux données de Synthesio, le futur (repris dans l'un de ses éléments de langage les plus martelés, le fameux «futur désirable») suscite, lui, une forte adhésion, avec 24% de sentiments positifs, et seulement 34% de sentiments négatifs. Et ce même si l'échantillon reste modeste (6535 mentions au total). 

Enfin le sentiment sur le thème «Mélenchon» associé à Benoît Hamon reste peu tranché : 66% des mentions sont neutres, avec 26% de mentions négatives, et 6% de mentions positives. 

 

A retenir :

La primaire de la Belle alliance populaire a fait véritablement décoller l'écho web de Benoît Hamon. Une tendance qui ne s'est pas inversée pendant la première quinzaine de février, malgré l'omniprésence (à son corps défendant) de François Fillon, l'installant comme un des candidats majeurs de cette élection présidentielle.

Malgré une image relativement lisse et une notoriété moindre que celle de ses principaux rivaux, Benoît Hamon fait réagir, avec des sentiments tranchés, plutôt négatifs. Un constat qui peut renforcer les doutes quant à sa capacité à rassembler.

Element de langage clef du candidat,le «futur désirable» semble trouver un écho positif parmi les internautes.

 

 

La méthode. Synthesio procède à une large récupération des données web. Tous les pays et tous les médias sont concernés. Cette recherche de données identifie toutes les occurences de l'expression choisie (par exemple le nom d'un candidat), dans différentes déclinaisons (expression complète ou non, acronyme, voire orthographes approximatives). Les données sont ensuite qualifiées par l'algorithme de Synthesio, qui détermine si chaque mention est positive, négative ou neutre.

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